Giovanni Angelo Montorsoli : Un Sculpteur Florentin Entre Renaissance et Antiquité
- Né : Montorsolo, Italie (1507)
- Décédé : 1563
Jeunesse et Apprentissage
Giovanni Angelo Montorsoli est né en 1507 à Montorsolo, un village près de Florence. Sa formation artistique débuta vers 1521 sous la direction d'Andrea di Piero Ferrucci, un sculpteur local. Un moment décisif de sa carrière survint lorsqu’il devint l'assistant du célèbre Michel-Ange Buonarroti à partir de 1534. Cette période fut cruciale pour le développement de Montorsoli, qui fut exposé aux techniques innovantes et au style monumental de Michel-Ange tout en travaillant sur des projets tels que la Chapelle Médicis (Sacrestia Nuova) et la Biblioteca Medicea Laurenziana à la basilique San Lorenzo. Durant cette période, il collabora avec Raffaello da Montelupo, un autre assistant de Michel-Ange, pour sculpter *Saint Cosme*, démontrant ainsi ses compétences naissantes.
Sculpteur, Frère et Restaurateur
La vie de Montorsoli prit une tournure unique lorsqu’il rejoignit l'Ordre des Servites, devenant un frère tout en continuant sa pratique artistique. Ce double rôle souligne l'intersection de la spiritualité et de l'art dans la Renaissance italienne. Un aspect important de la carrière de Montorsoli fut son travail de restauration. En 1532, le pape Clément VII le fit venir à Rome pour restaurer des sculptures antiques dans la cour du Belvédère, notamment le groupe emblématique du *Laocoon et ses fils* et l'*Apollon du Belvédère*. Ces restaurations furent entreprises selon les principes contemporains, entraînant parfois des modifications qui reflétaient les goûts artistiques actuels – une pratique courante à l'époque. Son ajout d’un nouveau bras droit au Laocoon, bien que plus tard remplacé par le membre original découvert en 1905, contribua grandement à la renommée de la sculpture et à sa propre réputation.
Conceptions de Fontaines à Messine : Innovation et Influence Classique
En 1547, Montorsoli déménagea à Messine, en Sicile, où il reçut des commandes prestigieuses pour des fontaines monumentales. Ses œuvres les plus célèbres de cette période sont la *Fontaine d'Orion* (achevée en 1553) et la *Fontaine de Neptune* (achevée en 1557). La *Fontaine d'Orion*, considérée comme la fontaine la plus haute et la plus grande de son époque, présentait une conception en candélabre rappelant les fontaines du Castello de Tribolo. Elle incorporait des bassins polygonaux, des bas-reliefs profonds représentant des créatures sculptées et des statues de dieux fleuve avec des inscriptions du scientifique-humaniste Francesco Maurolico, qui contribua également au programme néoplatonicien-alchimique de la fontaine.
La *Fontaine de Neptune* représentait une rupture radicale par rapport aux conceptions traditionnelles de fontaines. Auparavant, les fontaines consistaient généralement en un bassin avec une petite figure, une fontaine murale ou un type de fontaine candélabre. La conception de Montorsoli présentait une seule et unique figure centrale proéminente – Neptune lui-même – un concept qui n'avait été envisagé auparavant que dans le projet non réalisé de Benvenuto Cellini pour Fontainebleau. La fontaine contrastait magistralement la pose classique de Neptune avec les figures torturées de Scylla et Charybdis, des monstres marins mythiques représentant les dangers pour les navires près de Messine. Ce travail fut très influent, inspirant des conceptions telles que la *Fontaine de Neptune* d'Ammanati sur la Piazza della Signoria à Florence.
Héritage et Importance Historique
L’héritage de Giovanni Angelo Montorsoli repose sur sa capacité à combler le fossé entre les idéaux artistiques de la Renaissance et l’Antiquité classique. Son travail de sculpteur, de frère et de restaurateur démontre une combinaison unique de dévotion spirituelle et de compétence artistique. Bien que certaines de ses pratiques de restauration soient aujourd'hui critiquées en raison de leurs modifications des œuvres originales, elles ont indéniablement contribué à la préservation et à la popularisation d’importantes sculptures comme le Laocoon. Ses conceptions innovantes de fontaines à Messine l’ont établi comme un pionnier dans l’art public monumental, laissant derrière lui des témoignages durables de sa créativité et de son savoir-faire technique.
