Jeunesse et formation artistique
Louis Jaque est né à Montréal, au Canada, en 1919. Son cheminement vers une vie consacrée à la création d'images a véritablement commencé après l'accomplissement de son service militaire. En 1944, il s'empare d'un pinceau et entame sa pratique de la peinture, une voie qui allait définir ses années à venir.
Il a cherché une instruction formelle à l'École du Meuble, où il s'est efforcé d'obtenir son diplôme. Durant son passage dans cet établissement, il a étudié sous la direction de Jean Paul Lemieux et de Paul-Émile Borduas. Ces années d'études ont jeté les bases des compétences techniques qu'il appliquera plus tard à ses diverses explorations dans la peinture, l'estampe et le design de mobilier.
Technique et Style
Dès les années 1950, son œuvre s'est détournée de la représentation pour embrasser un langage non figuratif. Ce basculement ne fut pas l'éclat soudain d'une émotion, mais plutôt une exploration disciplinée de la structure. Son approche de l'abstraction se révélait rigoureuse, presque mathématique, cherchant à cartographier les forces invisibles qui régissent l'univers. Loin de s'appuyer sur des gestes spontanés, il bâtissait des compositions réfléchies et calculées, comme s'il traçait la logique sous-jacente d'une loi physique.
Ses toiles explorent souvent l'invisible : le mouvement des ondes, le flux de l'énergie et la qualité singulière de la lumière propre au cosmos. Cet intérêt pour la mécanique de l'existence puisait abondamment dans la science, l'astronomie et les principes structurels de l'architecture. En tournant son regard vers les étoiles et les motifs fondamentaux de la nature, il cherchait à atteindre une harmonie universelle, tentant d'organiser le chaos du monde en un système visible et ordonné.
La précision de sa méthode lui a permis de traduire des concepts complexes en un rythme visuel distinct. Son œuvre met souvent en lumière :
- Parametric Radiances
- Parametric Module
- Rythmopée nº 1
Commandes majeures et œuvres publiques
L'œuvre de Louis Jaque a souvent transcendé l'échelle d'une simple toile pour épouser l'architecture des espaces publics. En 1970, il a conçu une murale monumentale pour le pavillon du Québec lors de l'Exposition universelle d'Osaka, au Japon. Cette entreprise d'envergure exigeait une présence d'une tout autre nature que ses études plus intimistes, s'engageant directement dans le souffle grandiose d'une exposition internationale. Plus tard, en 1972, il a réalisé une fresque pour la Maison de Radio-Canada (CBC) sur le boulevard René-Lévesque à Montréal. Cette œuvre, composée de deux triptyques sur toile occupant deux vastes surfaces murales, a habillé l'intérieur du bâtiment pendant cinq décennies avant d'être léguée au CHUM.
Son influence s'est également étendue aux structures organisationnelles de la scène artistique locale. Il fut l'un des cofondateurs de l'Association des artistes non-figuratifs de Montréal (AANFM) aux côtés de Fernand Leduc. En 1969, il est aussi devenu membre fondateur de la Société des Artistes Professionnels du Québec (SAPQ), dont il fut le premier président. Ces responsabilités ont grandement contribué à façonner la manière dont l'art non-figuratif était organisé et reconnu au Québec durant une période de transition majeure.
Où voir ses œuvres aujourd'hui
Ses peintures et ses estampes ont voyagé bien au-delà des frontières du Québec, s'imposant comme des témoins de sa vision universelle. On peut retrouver son œuvre au sein de diverses collections privées et publiques à travers le Canada, la France, l'Italie et les États-Unis. Au Canada, plusieurs institutions prestigieuses conservent des pièces qui témoignent de son fascination pour les structures de l'univers. Le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa abrite deux de ses œuvres, tandis que le Musée d'art contemporain de Montréal enrichit également sa collection de ses créations. D'autres lieux canadiens, tels que l'Art Gallery of Nova Scotia, la Beaverbrook Art Gallery à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, le Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke, le Musée d'art de Joliette et le Musée Laurier, témoignent de l'étendue de son héritage.
La présence physique de son art possède une nature mouvante, traversant divers espaces et époques. Certaines de ses œuvres monumentales ont été intégrées à l'architecture même de bâtiments publics, à l'instar de la Maison de Radio-Canada. L'une de ces pièces a d'ailleurs été récemment transférée au CHUM pour s'intégrer à l'espace public de l'hôpital. Ce déplacement illustre avec éloquence la capacité de son art à transiter de grands cadres architecturaux vers des environnements communautaires d'une tout autre nature, continuant ainsi de dialoguer avec le monde qui l'entoure.