Jeunesse et formation artistique
L'histoire de Mathieu Elias s'inscrit dans les annales en 1658, avec sa naissance dans le Nord, en France. Les circonstances de son arrivée au monde sont marquées par la précarité ; né à Peena, près de Cassel, il voit ses parents vivre dans une extrême pauvreté. Enfant, sa vie est rythmée par la pénibilité du travail de berger, veillant sur le bétail. Il demeure dans cet état d'humilité jusqu'à ce qu'une rencontre fortuite ne vienne bouleverser sa destinée. Alors qu'il travaille, il commence à tracer des formes sur le sol, un mouvement répétitif qui attire l'attention de Philippe De Corbehem, un peintre de Dunkerque. De Corbehem perçoit chez l'enfant une disposition singulière, une inclination naturelle pour la forme et la ligne qui transcende sa condition sociale.
La transition de travailleur à apprenti est fulgurante. Ému par le talent du garçon, De Corbehem convainc la mère de lui confier l'enfant. Ce mentorat offre la première structure formelle au talent naissant d'Elias. Sa formation ne se limite pas à la région locale. Après une période d'instruction sous la tutelle de De Corbehem, le jeune homme est envoyé à Paris. Ce départ pour la capitale marque un saut significatif dans son développement technique, le plaçant au cœur de la vie artistique française afin de raffiner ces instincts observés pour la première fois dans la terre de Peena.
Activité à Dunkerque et dernières années
Le décès de Philippe De Corbehem marque un tournant décisif dans la trajectoire de l'artiste. Libéré de la guidance de son ancien mentor, Elias s'installe à Dunkerque. Il s'établit dans ce cadre côtier, passant du statut d'élève à celui de praticien accompli. La ville devient sa base d'opérations permanente.
Son œuvre, durant cette période, trouve un rythme régulier grâce aux commandes religieuses. Il réalise plusieurs retables destinés aux églises de Dunkerque et de ses environs. Ces œuvres habitent les espaces sacrés de la communauté locale, marquant durablement sa présence dans le paysage ecclésiastique régional. Il demeure actif dans cette voie jusqu'à la fin de ses jours.
Le dernier chapitre de sa vie s'achève à Dunkerque, où il s'éteint le 22 avril 1741. Sa présence dans la ville demeure immuable, de son arrivée jusqu'à son dernier souffle.