L'Objectif et le Pinceau
La transition entre la capture de la lumière à travers un objectif et sa manipulation à l'huile sur toile définit la trajectoire initiale de Julien Wilhelm Wils. Né à Kolding, sa vie professionnelle ne commence pas dans un atelier de pigments, mais derrière l'appareil photo. En tant que photographe à Copenhague et Aarhus, il s'exerce à une discipline qui exige une compréhension précise de la composition et de la nature fugitive de la lumière. Ce socle technique confère une logique structurelle et silencieuse à son langage visuel ultérieur.
Vers la fin de sa vingtaine, un tournant s'opère. L'appareil est délaissé alors qu'il pénètre dans le monde de l'éducation artistique formelle. Il cherche l'instruction dans des écoles d'art libres, étudiant finalement sous la direction de Frede Aamodt entre 1905 et 1906. C'est durant cette période que ses cercles sociaux et professionnels s'élargissent, le mettant en contact avec des figures telles qu'Aksel Jørgensen. Cette quête de formation académique le mène à la Kr. Zahrtmanns skole en 1908, où il devient l'élève de Johan Rohde.
Composition et Sujets
L'œuvre de Wilhelm Wils reflète un engagement discipliné envers les éléments fondamentaux de la peinture. Son travail traverse différents modes d'observation, allant de l'intime à l'expansive. Ses sujets ne sont pas de simples décorations, mais de véritables études de la forme et de la présence :
- Le Portrait : Des œuvres telles que The Author Jens Pedersen (1920) et Dameportræt (1926–1930) témoignent d'une attention portée à la figure humaine et au poids psychologique du modèle.
- La Nature Morte : Ses natures mortes de 1934–1936 examinent l'agencement des objets, utilisant la conscience spatiale affinée durant ses années de photographie.
- Le Paysage : Ses œuvres tardives, incluant un paysage de 1955, montrent un engagement continu envers le monde naturel, rendu avec maestria à l'huile sur toile.
Les Dernières Années
Les dernières décennies de sa vie voient la continuation de cette pratique d'observation constante. Il demeure un peintre d'une compétence technique remarquable, travaillant l'huile sur toile pour traduire le monde en récits visuels structurés. Il s'éteint à Kbh. (Sundby) en 1960, laissant derrière lui un corpus d'œuvres qui comble le fossé entre la précision mécanique du photographe et le potentiel expressif du peintre.