L'histoire et les origines de la Villa Vauban
L'histoire de la Villa Vauban puise ses racines dans les structures défensives de la ville de Luxembourg. Le nom même du site tire son origine d'un fort érigé sur ce terrain par Sébastien Le Prestre de Vauban entre 1633 et 1707. Cette fondation militaire a constitué l'assise physique de ce qui allait, bien plus tard, devenir une résidence privée. C'est en 1873 que la villa fut bâtie, affirmant ainsi sa présence au cœur du parc municipal.
La transition d'une demeure privée vers une institution publique s'est opérée en 1949, lorsque la Ville de Luxembourg a acquis la propriété auprès des héritiers de la famille Le Gallais de Gargan pour la somme de 5 millions de francs. Au fil de son histoire mouvementée, le bâtiment a assumé d'importantes fonctions administratives et cérémonielles. Il abrita notamment la Cour de justice de la CEEA de 1952 à 1959, avant de servir de résidence officielle au Grand-Duc Jean.
L'Architecture et la Beauté des Jardins
Le musée s'épanouit au cœur d'un parc magistralement conçu par l'architecte français Édouard André. Cette parenthèse verdoyante offre un écrin de sérénité à la villa, érigée en 1873 pour servir de résidence privée. L'architecture même du lieu semble avoir été pensée pour entrer en résonance avec la nature intime des peintures, autrefois réunies par de riches collectionneurs au fil des XVIIIe et XIXe siècles. Dans la pénombre du sous-sol, un vestige impressionnant de l'ancien mur de la forteresse du XVIIIe siècle demeure visible, ancrant la structure dans la profondeur historique du site.
Une rénovation d'envergure, achevée en 2010, a su intégrer une extension contemporaine au tissu historique de la villa. Cet ajout moderne instaure un dialogue subtil entre l'architecture bourgeoise originelle et de nouvelles formes structurelles. Cette extension a été distinguée par le TECO Architecture Award en 2010, ainsi que par le Prix Luxembourgeois d'Architecture en 2011, Domaine Architecture (ex aequo). Le revêtement en cuivre perforé de cette extension constitue l'une des caractéristiques les plus remarquables de ce développement récent.
La Diversité des Collections d'Art
La collection s'épanouit au cœur d'un espace façonné par les acquisitions de collectionneurs privés, se concentrant principalement sur les peintures des XVIIIe et XIXe siècles. Ces œuvres ont trouvé leur demeure ici grâce aux legs de figures illustres, notamment les collections de Jean-Pierre Pescatore et de Leo Lippmann. La présence de ces pièces permet une rencontre intime avec l'évolution des styles de la peinture européenne à travers plusieurs siècles.
Une part substantielle des collections est dédiée au développement artistique du Luxembourg. Cela inclut les œuvres de Jodoc Frédéric Hochhertz et d'Eugénie Dutreux-Pescatore. Le musée préserve également la production des mouvements locaux qui ont défini l'ère moderne de la région, plus précisément les « Sécessionnistes » de l'entre-deux-guerres et les « Iconomaques » de l'après-guerre. Ces artistes instaurent un dialogue continu entre les traditions historiques du XIXe siècle et les perspectives mouvantes du XXe siècle.
- Jan Steen, Twelfth-Night Feast, 1664
- David Teniers le Jeune, Smoker by a Hearth, 1660
- Jan De Bray, Portrait of Agatha van der Horn (1603-1680), 1663
- Pieter Cornelisz. Van Slingelandt, The Lacemaker, 1675
- Philips Wouwerman, Farrier Shoeing a Horse, 1647
Les chefs-d'œuvre de la collection d'art
La force de cette collection réside dans une sélection remarquable de peintures hollandaises du XVIIe siècle. Ces œuvres, issues de collections privées, insufflent l'atmosphère envoûtante de l' Âge d'or néerlandais dans le calme feutré des salons de la villa. Le visiteur peut se surprendre à s'attarder devant les compositions foisonnantes de Jan Steen ou devant la touche d'une précision chirurgicale de Gerrit Dou. Ces toiles possèdent une présence presque tangible, captivant le regard par la justesse de leurs sujets et le jeu subtil de la lumière.
Au-delà de l'éclat des maîtres hollandais, le musée abrite des œuvres de Adriaen van de Velde et de David Teniers le Jeune. Ces pièces enrichissent un paysage visuel d'une grande diversité, voyageant entre les styles et les époques. Parallèlement à ces peintures, diverses sculptures parsèment l'espace, apportant une dimension tridimensionnelle à cet environnement soigneusement orchestré. Cette mise en scène invite à une rencontre contemplative avec les textures de l' huile sur toile et la force plastique des figures sculptées.
- Le Festin de l'Épiphanie, vers 1664 - Jan Steen
- Fumeur au coin du feu, 1660 - David Teniers le Jeune
- Paysage avec bétail, 1667 - Adriaen van de Velde
- La Dentellière, 1675 - Pieter Cornelisz. Van Slingelandt
Visiter le musée et son parc
Le musée s'épanouit au cœur d'un parc conçu par l'architecte paysagiste Édouard André, offrant un écrin de sérénité propice à la contemplation. Cet espace verdoyant insuffle un sentiment de calme profond, permettant une transition douce entre l'effervescence de la ville et un sanctuaire dédié à la réflexion. Au détour des sentiers, les visiteurs peuvent découvrir des zones de détente accueillantes, nichées au creux de la nature, où l'atmosphère demeure imperturbable et paisible. Par ailleurs, la présence d'une connexion Wi-Fi gratuite permet de rester lié au monde numérique tout en s'imprégnant de la quiétude de cet environnement privilégié.
L'accès au musée est soumis à un tarif standard de 5 euros. Pour les seniors de plus de 65 ans, un tarif préférentiel de 3 euros est proposé. Le vendredi, l'établissement ouvre ses portes gratuitement, offrant ainsi à chacun la possibilité de s'immerger dans ses collections en toute liberté. Véritable institution ancrée dans le paysage de Luxembourg, le musée invite à une appréciation silencieuse et intime des chefs-d'œuvre qui reposent entre ses murs.
