L'Histoire de Polesden Lacey
Polesden Lacey est une demeure et un domaine de l'époque édouardienne nichés sur les North Downs, à Great Bookham, près de Dorking, dans le Surrey, en Angleterre. L'histoire de ce lieu est profonde, la présence d'une habitation sur ce site remontant déjà à 1336. En 1630, Anthony Rous fit l'acquisition du domaine et fit reconstruire la maison médiévale alors existante. La famille Rous conserva la propriété jusqu'en 1723, année où elle fut achetée par Arthur Moore.
Le domaine connut des transformations majeures au début du XXe siècle. Sir Clinton Edward Dawkins fit l'acquisition de la propriété en 1902. Peu après l'achèvement de la maison, Sir Clinton s'éteignit en 1905. En 1906, William McEwan fit l'acquisition du domaine pour sa fille, Margaret Greville.
Architecture et demeure édouardienne
L'évolution architecturale de Polesden Lacey témoigne d'une métamorphose fascinante, passant d'une élégante villa de l'époque Regency à une imposante demeure édouardienne. L'empreinte même de la structure fut transformée en 1723, lorsqu'un pavillon octogonal vint enrichir la façade sud. Au tournant du XXe siècle, la demeure a connu une restructuration profonde afin de répondre aux exigences de la haute société édouardienne. Les architectes Charles Mewès et Arthur Davis furent ainsi mandatés par la famille Greville pour orchestrer ces changements, métamorphosant le bâtiment en un écrin spécifiquement conçu pour l'art de la réception.
L'intérieur se distingue par ses salons formels qui préservent toute la sensibilité esthétique de l' ère édouardienne. Ces espaces de prestige sont ornés d'œuvres de maîtres, tels que Raeburn et Reynolds, créant une atmosphère de raffinement absolu. L'agencement des lieux a été pensé pour favoriser les grands rassemblements mondains, offrant un cadre somptueux aux réceptions de la haute société orchestrées par la famille. Le design de la demeure privilégie un sentiment d'ordre et une grandeur proportionnée, parfaitement en adéquation avec sa vocation de retraite champêtre d'exception.
L'héritage de la famille Greville
L'histoire de ce domaine est intimement liée à la figure de Margaret Greville, une hôtesse de la société édouardienne dont le nom résonnait avec éclat. Fille naturelle et unique héritière de William McEwan, ce brasseur qui avait amassé une fortune colossale, elle a marqué son époque par son élégance et son influence. Après le décès de son époux, Ronald Greville, survenu en 1908 alors qu'elle n'avait que 46 ans, Margaret a continué de faire de cette demeure un théâtre privilégié pour les réceptions de la haute société. Son aura a véritablement façonné le paysage social de l'l'ère édouardienne, puisqu'elle accueillait au sein de ses murs un cercle influent de personnalités marquantes.
En 1942, dans un geste empreint de mémoire pour son père, Margaret Greville décida de léguer la propriété et ses vastes étendues au National Trust. Ce legs précieux a permis d'assurer la pérennité du domaine, qui s'étend sur environ 1 000 acres (400 hectares) de terres magnifiques. Au-delà de la splendeur du paysage, ce don incluait également la collection de peintures et le mobilier d'exception qui ornaient la demeure.
Art et collections décoratives
Les collections intérieures sont le miroir des goûts raffinés de la famille Greville, méticuleusement assemblées pour sublimer l'art de recevoir de la haute société. Chaque pièce de mobilier d'exception, des ouvrages français aux pièces laquées les plus délicates, compose une scénographie élégante. Ces trésors côtoient une sélection de porcelaines prestigieuses, notamment des pièces de Sèvres et de Meissen, tandis que l'argenterie ancienne, parée de son éclat historique, s'intègre harmonieusement parmi les divers objets décoratifs qui peuplent la demeure.
La collection d'art se distingue par la présence de peintures flamandes du XVIIe siècle, témoins d'un savoir-faire magistral. Parmi les objets les plus intimistes et les plus complexes, on découvre de minuscules animaux de Fabergé, dont le regard est magnifié par des yeux sertis de pierres précieuses. Ces pièces d'une rare finesse font partie des acquisitions réalisées pour parer le manoir durant le début du XXe siècle.
- The Card Players, 1655 - David Teniers the Younger
- A Landscape with a Herdsman and Bull, 1654 - Aelbert Cuyp
- The Little Golf Players, 1660 - Pieter de Hooch
- An Officer Making his Bow to a Lady - Gerard ter Borch
- Madonna and Child, 1520 - Bernard Van Orley
Visiter le domaine du National Trust
Le domaine de Polesden Lacey est aujourd'hui préservé et mis en valeur par le National Trust. Les visiteurs sont invités à s'évader à travers ses vastes étendues en suivant des sentiers saisonniers qui serpentent avec élégance à travers le paysage. Pour les âmes en quête d'évasion et d'activités de plein air, le domaine propose une scène de spectacles en plein air ainsi qu'un camping, ouvert depuis 2016, tandis que l'auberge de jeunesse Tanners Hatch se niche également au cœur de ce cadre enchanteur.
Les familles pourront s'amuser à Kestrel Corner, un espace conçu comme un terrain de jeu naturel au sein du domaine. Les terres de Polesden Lacey offrent une multitude de lieux propices à une communion variée avec la beauté sauvage du paysage de Surrey. Le domaine demeure ouvert au public, offrant une porte ouverte sur les collections précieuses du manoir et sur la sérénité des parcs environnants.
